3. La révolution digitale

3. La révolution digitale

 

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Lorsque nous avons commencé à exercer des responsabilités stratégiques et opérationnelles comme “aménageur numérique” au milieu des années 90, nous étions nombreux  à croire que la diffusion des TIC permettraient un aménagement équilibré du territoire.

20 ans plus tard, force est de constater qu’on assiste au scénario inverse et que la diffusion extrêmement rapide a contribué à accélérer l’agglomération et la métropolisation croissante des activités économiques (cf. 2. La métropolisation de nos économies).

La révolution digitale est bien au coeur de la globalisation de l’économie mondiale. Le développement et la diffusion rapides des technologies de l’information ont contribué à la formation de milieux d’innovation proches de grandes métropoles (la plus célèbre étant bien sûr la Silicon Valley) où “disruptions” et applications ont pu interagir dans un processus continu.

Il y a 20 ans, Manuel Castells, dont la trilogie reste une des références pour comprendre la révolution digitale (“informationnelle” pour reprendre ses termes), écrivait :

“L’économie informationnelle est organisée autour de centres de commandement et de contrôle qui innovent, coordonnent et gèrent les activités des réseaux d’entreprises. Les services avancés, y compris la finance, l’assurance, l’immobilier, le conseil, l’assistance juridique, la publicité, le design industriel, le marketing, les relations publiques, la sécurité, l’intelligence économique, la gestion des systèmes informations, la recherche, le développement et l’innovation sont au coeur des dynamiques des différents secteurs d’activité (industrie, agriculture, administration publique, santé, énergie, transports, services).(in La société en réseaux)

Si les TIC présentent des caractéristiques techniques de décentralisation permettant normalement de s’affranchir des contraintes géographiques, les dynamiques économiques liées à leur production, leur diffusion et adoption ont conduit, paradoxalement, à un renforcement du processus de polarisation de l’offre et de la demande de services toujours plus innovants concernant tous les secteurs d’activité autour des aires urbaines principalement.

Ainsi, l’industrie digitale s’est fortement concentrée autour de quelques acteurs  notamment dans le domaine des services clés associés à Internet (moteur de recherche, réseaux sociaux, e-commerce, …) avec une tendance récente à l’hyper concentration (cf. le rachat de Skype et de LinkedIn par Microsoft).

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Qui aurait pu imaginer qu’Airbnb deviendrait le premier hotelier mondial, LinkedIn la première “agence” de recrutement au monde en quelques années ?

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Qui aurait imaginé que près de 2 milliards de personnes seraient connectés, chaque jour, à un même réseau social ?

Qui aurait cru possible la connexion de tous les objets que nous utilisons dans notre vie quotidienne à des réseaux de télécommunications ?

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Tous les secteurs d’activité sont touchés par la révolution digitale (banque, commerce de détail, énergie, transports, éducation et formation, médias, santé, tourisme, …).

La capacité d’innovation est devenue un enjeu majeur en termes de création d’entreprises et d’emplois, en termes d’adaptation pour les entreprises traditionnelles et les organisations publiques dans un environnement où tout va très vite.

Alors qu’elle amène des progrès considérables dans de nombreux domaines, la révolution digitale suscite de nombreuses peurs face à des changements très importants.  Elles peuvent freiner les investissements y compris dans le capital le plus important pour accompagner ce changement : la connaissance.

De nouveaux modèles économiques fondés sur la collaboration et la participation (économie du partage) remettent en question des secteurs clés de nos économies. Elles obligent à repenser nos manières de communiquer, de travailler, d’échanger et de faire des affaires.

La révolution digitale permet aussi aux villes de construire des réponses collectives et intégrées aux principaux enjeux économiques, sociaux, environnementaux.

Manavao – Toulouse, le 3 novembre 2016

Pourquoi Manavao.com ? 4. Ville intelligente, économie intelligente.

 

 

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