2. L’urbanisation de nos économies

2. L’urbanisation de nos économies

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“A l’heure de nos “villes-mondes” – tendance inexorable dans un monde globalisé -, et de nouvelles tensions croissantes liées aux notions d’identité, d’appartenance, dans un cadre socio-économique qui se dégrade, il est de notre devoir de proposer des actions transversales et innovatrices dans nos villes en répondant aux exigences de plus en plus fortes des citoyens vis-à-vis de leur gouvernance locale, afin de retisser le lien social, culturel et économique.” (Carlos Moreno)

Nous sommes confrontés à une révolution urbaine sans précédent illustrée par deux éléments : sa généralisation au niveau mondial, le changement d’échelle qui semble désormais hors de contrôle.

En 2050, 70 % de la population mondiale vivrait dans une aire urbaine (30 % en 1950). La progression actuelle conduirait à une augmentation de la population urbaine de l’ordre de 2,5 milliards de personnes, 90 % de cette augmentation étant concentrée en Asie et en Afrique. La Chine et l’Inde contribueraient à hauteur de 30 % de cette progression d’ici 2050.

En 2030, le monde comptera 41 mega-cities (+ 10 millions d’habitants) contre actuellement 19, 22 entre 5 and 10 millions, 370 entre 1 et 5 millions, 433 entre 0.5 et 1 million).

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Dans l’économie mondiale, les aires urbaines jouent un rôle clé comme noeud. Au cours des 15 dernières années, elles ont contribué à hauteur de 60 % de la création d’emploi et de la croissance du PIB. Elles concentrent l’innovation.

Les dynamiques urbaines reposent essentiellement sur la concentration géographique (entreprises, consommateurs finaux, administrations, universités, centres de recherche, incubateurs), l’intégration fonctionnelle (éducation et formation, recherche et développement, production, consommation, financement), le niveau de ressources disponibles (financements, main d’oeuvre qualifiée, informations, données) et les interactions multiples (matérielles et immatérielles, physiques et virtuelles). Elles sont aussi le résultat d’une baisse continue des coûts des transports des biens, personnes et de l’information.

Dans ce contexte d’économie globalisée, la concurrence entre les villes s’accentue. De plus en plus, ces dernières sont vues comme les « bras armés » des économies nationales et intégrées (cf. la récente initiative de la Commission européenne baptisée Urban Innovative Actions).

Mais l’étalement urbain entraîne des ruptures entre le coeur (la ville centre) et son environnement proche avec une conséquence : le déclassement social et territorial dont les effets directs sont la montée du protectionnisme que nous évoquions dans un précédent article.  

C’est pourquoi les aires urbaines sont confrontées à un enjeu majeur : “renforcer leur capital physique et environnementale pour une croissance partagée” (OECD (2016), “Executive summary in Making Cities Work for All).

Et plus encore, les “ville doivent nous conduire vers des sociétés durables sur le plan économique, sociale et environnemental. Cela suppose une vision globale de l’aménagement du territoire de manière à augmenter le niveau de vie des habitants des villes et des campagnes. Une urbanisation durable nécessite que les villes génèrent “mieux” de revenus, des opportunités d’emplois, renforcent leurs infrastructures (transports, eau, énergies, transports, TIC), assurent un égal accès, réduisent le nombre d’habitants vivant dans des bidonvilles et préservent notre capital naturel” (Rio conference, June 2012)

Cette révolution urbaine, miroir de la mondialisation, est aussi indissociable de la révolution digitale et cette incroyable concentration de l’industrie qui la porte au niveau mondial (Microsoft, Alphabet, Apple, Facebook, Amazon, Alibaba, …).

 Toulouse, le  2 novembre 2016.

 

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