1. La montée du protectionnisme

1. La montée du protectionnisme

 

«La difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles, elle est d’échapper aux idées anciennes». (J.M Keynes)

Après le vote en faveur du Brexit, les récents évènements relatifs au CETA ont confirmé l’inexorable montée des sentiments anti-mondialisation et de la poussée du protectionnisme en Europe comme dans d’autres pays (ainsi, l’adhésion d’une partie de l’électorat américain aux discours protectionnistes de Donald Trump).

Les coupables sont les gouvernements incapables de reprendre le pouvoir sur les multinationales, une Commission européenne anti-démocratique et anti-citoyenne, sacrifiant les peuples à l’aune de l’idéologie ultra-libérale. Dans une période de doutes et de peurs, de perte de repères et de sens, le protectionnisme apparaît comme la solution : “fermons nos frontières et tout ira mieux”.

La “mondialisation heureuse” (pour reprendre l’expression d’Alain Minc) est-elle terminée ? “Le vent de l’histoire est-il en train de tourner ? Allons-nous vers un schéma du commerce moins « global », vers des régionalisations voire des re-nationalisations ? L’ère du libre-échangisme est-elle en train de s’achever ? La deuxième mondialisation va-t-elle se terminer, comme la première, celle de la fin du 19è siècle, par un retour de bâton nationaliste ?” (Eric Le Boucher/ Editorialiste Les Echos)

Depuis la chute du mur de Berlin, l’intégration régionale et le libre échange ont été deux sources de promesses économiques, sociales et environnementales.

Si les échanges mondiaux ralentissent aujourd’hui, c’est fondamentalement parce que la globalisation de l’économie est réalisée. Ils reviennent simplement au rythme de la croissance générale qui, malheureusement, est très faible dans la plupart de nos économies développées.

Mais, ils demeurent essentiels à la croissance, à l’emploi et à la compétitivité. Car sauf à changer de modèle économique (opter, par exemple, pour celui de la décroissance), la mondialisation est un fait. L’enjeu est donc de trouver les solutions en faveur d’une meilleure régulation.

Sous la pression citoyenne, cette prise de conscience, même si on peut la considérer comme tardive, est en train de s’accélérer.  Ainsi, dans sa dernière communication, la Commission européenne écrit :

“Les Européens connaissent et constatent au quotidien les conséquences des défis qui s’imposent encore à nous. Une reprise économique toujours en phase d’amorce, dont les effets bénéfiques pour tous au sein de nos sociétés ne se font pas encore sentir, en particulier en ce qui concerne la création d’emplois pour les jeunes et la réduction des inégalités. Des flux migratoires, qui ont mis nos frontières extérieures à l’épreuve et continuent d’éprouver la capacité de l’Union à se montrer solidaire. Une menace terroriste accrue. Une instabilité persistante dans notre voisinage oriental et méridional. Et, maintenant, l’incertitude engendrée par le référendum au Royaume-Uni. En écoutant les Européens, nous avons compris qu’ils cherchent une réponse à ces défis et une protection contre ces menaces. Ils recherchent les moyens qui leur permettront d’agir et de construire un avenir durable pour eux-mêmes et leur famille. Ils ont aussi besoin de perspectives: ils ont besoin de l’assurance que la gouvernance aux niveaux local, régional, national et européen peut collectivement répondre aux attentes des générations actuelles et futures. “ (Commission européenne, 25 octobre 2016, Répondre aux attentes – Pour une Europe qui protège, donne les moyens d’agir et défend).

Répondre à cet enjeu nécessite d’appréhender la traduction territoriale de la mondialisation, à savoir la métropolisation croissante des dynamiques économiques.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *